Un troisième mandat suicidaire pour Condé

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La fièvre du troisième mandat

Diagnostiquée dans nombre de pays du Continent, c’est une maladie extrêmement contagieuse qui court, fulgurante, par delà et par dessus les frontières. Elle fait, partout où elle passe, de nombreuses victimes et, pour l’instant, ni vaccin, ni sérum, rien ne semble en mesure d’en arrêter la progression.
Depuis un certain temps, on la trouve en purulence sous-jacente au Togo, où le président Gnassingbé semble l’avoir contractée et où on compte, forcément, des victimes déjà décédées et de nombreuses autres blessées lors de manifestations et de rassemblements populaires. Après être déjà passée dans de nombreux autres pays de la Région et de la sous-région, elle arrive en force en Guinée.
Cette maladie frappe à la tête des états, elle frappe en fait les « chefs d’état ».
Des chefs d’état soucieux de ne pas laisser se dérouler le cours démocratique des choses et, préférant anticiper les échéances, manigancent et manipulent les constitutions prévoyant deux seuls mandats consécutifs, pour les « arranger » selon leurs projets.
Cette fièvre a un nom : on l’appelle la fièvre du troisième mandat.

 

La population mobilisée

Alpha Condé voyant arriver le terme de son second mandat a donc, en toute logique post-coloniale, contracté la fièvre du troisième. Autrement dit, de son point de vue, qui mieux que lui-même pour poursuivre sa politique ?
Qui mieux que lui-même pour lui succéder pour un mandat supplémentaire, le fameux « troisième mandat » ?
Il se propose donc, tout bonnement, de fracasser la Constitution parce que, justement, celle-ci interdit un troisième mandat. De très bonne compagnie avec Sarkozy, Hollande et aujourd’hui Emmanuel Macron, Alpha Condé peut être considéré comme l’homme de la France dans la sous-région. Ses fortes « amitiés » laissent fortement à penser que la France, dans son pré carré, n’est pas éloignée des combines à venir concernant la « modification » de la Constitution.
Pour l’instant, devant le refus général des partis, des syndicats et d’associations citoyennes regroupés au sein du FNDC ( Front national pour la défense de la Constitution) et la mobilisation populaire, Alpha Condé a choisi l’affrontement.
En effet, ce Front, créé depuis le mois d’avril dernier, appelait à une marche pacifique dans tout le pays à la date du 24 octobre. Au terme de ces marches, qui se sont déroulées dans toutes les préfectures du pays et qui furent extrêmement suivies, on relevait des dizaines et des dizaines de blessés et au minimum 10 décès à ajouter à la centaine de morts des mobilisations précédentes. Des centaines d’arrestations, s’ajoutant à ce bilan dramatique, montraient ainsi le vrai visage du très « démocrate » Alpha Condé et sa volonté affichée d’en découdre avec son peuple.

 

« Ni Paris, ni Washington, la Guinée aux Guinéens ! »

Lorsque l’on dénonce les proximités douteuses de Condé et de l’Elysée, on pourrait se faire taxer d’accusations sans preuves, certes, sauf qu’au lendemain même de la tragédie et des violences contre sa population, le président n’était pas aux affaires de son pays, aux commandes de l’état, assumant ses responsabilités, défendant son action, non, le président était…à Paris !
Accablant ! Que penserait-on, que dirait-on, d’un chef d’état européen qui, au lendemain de violences laissant des morts sur le pavé des rues de son pays, abandonnerait le terrain pour aller chercher réconfort et consignes dans le bureau de Trump ?!
Un président africain lui le fait, sans que personne n’y trouve à redire. Parce qu’il le chef d’un état africain ? Un état d’un continent de sous importance ?
Que vient donc faire Condé à Paris sinon y chercher soutien et encouragements ?
Que vient donc faire Condé à Paris, sinon y prendre conseils et consignes ?
De toute évidence, Condé est bien, entre autres, l’homme de la Françafique macronienne.
Livrer leurs pays aux ex puissances coloniales, s’abriter en même temps sous le parapluie américain, s’aligner sur les diktats de l’UE, entériner des accords 100% déséquilibrés, se plier aux exigences exorbitantes de la Banque Mondiale et du FMI*…voilà ce qui semble être le crédo ctatstrophe de nombre de « gouvernants » africains.

Le fait que Paris, et désormais Washington, soient les donneurs d’ordre de Condé et protègent ses agissement anti-démocratiques se retrouvent dans la colère de la population. Les manifestants s’opposant aux manipulations de la constitution disent aussi qu’ils ne veulent plus de donneurs d’ordre. Ils disent que ce ne sera ni Paris, ni à Washington pas plus qu’à la Banque Mondiale ou au FMI, que se décidera l’avenir de la Guinée, mais en Guinée, avec les guinéens !

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