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e faiseur de roi devenu trop tôt le gêneur de roi du fait de plusieurs paramètres politiques incontrôlables à géométrie variable ne devrait pas, à tout point de vue, tarder dans les grâces de ce dernier. Car, comme pour paraphraser Ahmadou Kourouma, il faut dé-busquer à temps le faux ami avant qu’il ne vous inocule le venin. Persécuté, harcelé par le pouvoir qu’il a porté, il finira par se retrancher dans son coin d’où, après plusieurs réflexions, il fait, urbi et orbi, son come back politique. Le roi de poulet semble ne pas avoir joué sa dernière carte politique. Déjà, à travers le congrès constitutif de son parti, il mettra à coup sûr « la barre très haute » à la hauteur de sa déception et de celle tous ces milliers de supporteurs qui le voyaient en messie. A Djeffa, la vague bleue avait répondu massivement à l’appel de Sebastien Ajavon. 

Un discours politique mal cousu

« J’avais le choix entre contester les résultats des élections puisque j’avais des preuves irréfutables, choisir le candidat ZINSOU, choisir le candidat Patrice TALON. Au nom de l’intérêt national j’ai abandonné mes droits, vos droits. » Voilà une phrase prononcée par Sébastien Ajavon lors du congrès constitutif de son parti Union Sociale Libérale (Usl), une phrase qui normalement devrait irriter et révolter toute la classe politique béninoise et surtout les 693 084 béninois qui avaient porté leur choix sur lui lors des dernières élections présidentielles au Benin. Que nous cache-t-il à travers cette phrase ? Que pourrait-il contester? De quelles preuves irréfutables parle t-il? Ajavon est-il arrivé 2ème au terme du premier tour des présidentielles de 2016? Y-a-t-il de fraudes ? Pourquoi n’a-t-il pas contesté alors les ré-sultats ? Autant de questions qui accablent le président d’honneur du parti Union Sociale Libérale. Diane de Beausacq disait déjà au 19eme siècle, dans La civilité non puérile, mais honnête que : « Mieux vaut savoir se taire que de dire inutilement une vérité désagréable. » Cette inutile et désagréable vérité doit, à n’en point douter, porter un coup de massue d’hercule à ce nouveau-né dans l’arène politique béninoise surtout aux militants de la vague bleue qui ne pourront plus avoir totalement confiance en leur leader. Dans la perspective de la moralité «sociale», une telle déclaration dé-truit la confiance entre les hommes et installe un climat de méfiance. 

Un bureau contesté 

De sources concordantes, le médecin André Dassoundo, ancien parlementaire a déposé sa démission du bureau de l’Usl. Ces militants à la base voient sa présence dans le parti de Ajavon comme une trahison. Ce qui a contraint ce dernier a se retirer purement et simplement. Par ailleurs, sur la formation du bureau politique, se posent aussi deux problèmes majeurs. La famille et l’amitié. En effet, aucun parti politique sérieux ne saurait conquérir du pouvoir politique en se fondant sur le tissu familial et amical. Le peu d’ouverture est symptomatique de la vision étriquée de l’Union Sociale Libérale.

Par Romuald Boko

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