Rate this post

Les opérations « Serval » au Mali, « Epervier » au Tchad et « Sabre » au Niger disparaissent elles aussi, toutes trois ensemble pour se fondre en une seule et même opération commune: « l’opération Barkhane ».

On voit bien, au travers cette fusion des différents contingents régionaux, la volonté de coordonner les actions en vue d’une véritable militarisation de la Région. Déjà, il est annoncé un total de 3000 à 4000 hommes, avec armement au sol, aviation, drones… (4)

Au Mali, alors qu’elle y joue un jeu trouble avec certains groupes rebelles du Nord, la France a imposé à Bamako un nouvel accord de défense comprenant l’installation permanente de 1800 soldats français, basés autour des bases de Gao et de Tessalit. Vous aviez dit « retrait » ?

Alors qu’il est de notoriété publique que, une fois encore la France aura pesé de « tout son poids », pour imposer au Niger les conditions scandaleusement avantageuses concédées à Areva, Hollande,  pousse encore plus loin son pion en incluant ce pays dans son dispositif militaire.

On comprend aisément la colère de la société civile nigérienne prise désormais entre le marteau Areva et l’enclume « Barkhane ».

D’un côté le pillage des richesses, de l’autre l’occupation militaire !

Les voix sont nombreuses, à l’intérieur même du pays, pour dénoncer cet « encerclement » français du pays, considérant qu’il ne s’agit là, rien de moins, que d’une occupation militaire visant à exercer une pression directe, le cas échéant. Le tout au nom d’une lutte anti-terroriste, englobant pour les mêmes raisons, l’ensemble du Sahel.

Le voyage chez Idriss Déby, s’il ne s’agissait pas du droit de vivre en paix pour les peuples, pourrait prêter à rire tant les relations entre Paris et Déby sont à géométrie variable et véritablement tragi-comiques.

Pour l’heure, après les services rendus par Idriss Déby à la France, tant au Mali qu’en Centrafrique, les rapports entre les deux puissances sont au beau fixe. Paris en profite. Assis sur les libertés individuelles, les droits de l’homme et la démocratie Idriss Déby entre ainsi de plain pied dans les plan français de « Berkhane ». Il sera donc, sous couvert de lutte internationale contre le terrorisme, la tête de pont du militarisme dans toute la sous-région. Un rôle de va-t-en guerre qu’il adore, qu’il connaît sur le bout des doigts et qui lui va si bien.

La France, clairement, dans le Sahel comme partout ailleurs en Afrique, contrairement à ses affirmations de surface, s’organise et met le paquet. Elle sait pertinemment que rien n’est réglé au Mali, que la Centrafrique est au bord du gouffre, la Côte d’Ivoire dans un calme avant tempête…Plus que jamais, elle veut ainsi, pour les pays riches comme pour les marionnettes locales, s’imposer comme le gendarme incontesté de l’Afrique !

Peu lui importe au fond, après la mise à feu et à sang de la Libye et son implosion, la déstabilisation des pays de la région. Seule compte réellement la pérennisation de son emprise économique appuyée sur la puissance de ses armes.

De la politique coloniale à la Françafrique, le vrai continuum.

Par François Charles

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here