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Il ne s’agit guère d’une ré- volution encore moins d’un appel à la révolte. Même si c’était le cas, ce serait légitime après de nombreux affronts subits par nos pays sur plusieurs fronts pompeu- sement orchestrés par l’oc- cident avec – disons le haut et fort – la complicité de cer- tains chefs d’Etat africains. N’en déplaise aux tyrans aux dents de phacochères et aux mains ensanglantées qui, bien qu’ils spolient et vident le continent de ses richesses, s’acharnent, avec tous les moyens occultes et obscures à maintenir le peuple noir dans l’oppression et la soumission. Peu leur importe.
L’Afrique aux Africains est impératif et, nos ancêtres avaient tôt compris qu’il ne fallait pas céder le conti- nent aux envahisseurs en y opposant une résistance farouche sous des formes aussi diverses que variées durant toute la période co- loniale. Ainsi, du Nord au Sud de l’Afrique, l’histoire est lourdement chargée des luttes constantes pour chas- ser les colonialistes.
Aussi, lorsqu’il s’agira de la lutte pour les indépendances en Afrique, les africains, hommes comme femmes, n’avaient-il pas manqué, toute conscience politique avérée, de défendre leur
territoire tant au prix de grandes souffrances que de leur vie. Mais la victoire née au soir de l’indépendance des pays africains a suscité chez certains leaders afri- cains des rêves d’une Afrique forte, prospère et unie, bref d’une autre Afrique. Un rêve possible au regard des richesses innombrables du continent. Mais hélas ! Hélas, dira t-on car, les rivalités intestines intitules ont favo- risé les clivages politiques sur tout le continent. Ainsi, les présences étrangères en Afrique se renforcent eu égard aux enjeux géo- politiques et économiques. Etant au cœur des grandes manœuvres politiques, éco- nomiques et militaires des puissances occidentales, l’Afrique subit des pressions sans précédent. En dehors de la France, de la Grande Bretagne et des Etats- Unis unis, de nouveaux pays comme la Chine, le Japon, l’Iran, l’Inde, le Qatar, l’Ara- bie Saoudite … se bousculent aux postes du continent pour des stratégies de position- nement et de contrôle des richesses et services. Cette dangereuse déferlante crée des antagonismes néfastes pour le développement du continent. Il ne sera pas de trop d’évoquer les foyers de tensions allumés par-ci, des guerres ouvertes par-là aux
fins de prendre le contrôle des richesses et de main- tenir les troupes militaires partout en Afrique que ça soit en Centrafrique, au Mali, au Soudan, au Nigeria… L’étonnant paradoxe est que cette même Afrique dépouil- lée, contrôlée et mis à sac, à feu et à sang dispose d’un sérieux potentiel humain avec des hommes très bien formés capables d’impulser son développement et de réussir son unité.
Encore aujourd’hui comme hier, l’Afrique produit un capital humain impression- nant qu’elle exporte vers les grands centres de l’éco- nomie mondiale. En clair, les hommes existent pour prendre les destinées de l’Afrique en mains. Mais il faut une prise de conscience générale de tous les enfants d’Afrique d’ici et d’ailleurs pour l’incontournable marche du continent vers son unité. L’Afrique aux Africains, c’est bâtir un continent uni, intégré, prospère et en paix, dirigé par ses citoyens et constituant une force dyna- mique sur la scène mondiale. C’est aussi réaliser le rêve Kwame K’krumah, de Tho- mas Sankara, de Patrice Lu- mumba. C’est ce à quoi nous aspirons. Nous y parvien- drons certainement.

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