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Qui arrêtera la Françafrique? S’interrogeait à juste titre François-Xavier Vershaves dans son essai Noir silence:
Près de deux décennies plus tard, la question de l’auteur Français reste d’actualité tant la politique étrangère de la France en Afrique est dominée par des pratiques mafieuses et ténébreuses notamment la corruption, l’ingérence, l’interventionnisme militaire.Mais comment peut-on comprendre que le continent le plus riche de la planète en ressources minières puisse végéter dans la misère, la précarité, la malnutrition et le sous-développement ? A qui profite donc l’argent du pétrole, du gaz, de l’uranium, de bauxite, des minerais ? Qu’est-ce qui explique alors la présence militaire permanente de France en Afrique au Sud du Sahara ? Questions tout à fait légitimes. D’autant que la France, en complicité avec certains Chefs d’Etat africain,- pratiquement tous-, développe et intensifie des pratiques néocoloniales notamment le pillage, le détournement de l’aide publique au développement, la corruption, les trafics, les soutiens aux dictatures etc. Evidement entre la France et ses anciennes colonies, de très nombreuses affaires sanglantes et occultes ont malheureusement émaillé leur histoire.N’a-t-on pas vu comment le réseau Foccart a éliminé le nationaliste camerounais Felix Moumié par empoisonnement au Thallium ? Le 13 janvier 1963 à Lomé au Togo, au petit matin, des putschistes commandés, capturent le président Sylvanus Olympio et l’abattent alors qu’il se refugiait à l’ambassade des Etas Unis. Parler des assassinats en Afrique sans évoquer Thomas Sankara serait une offense à la lutte panafricaine. En effet, en octobre 1987, un commando de militaire abat froidement le père de la révolution burkinabè. Quel rôle la France n’a t-elle pas joué pendant la guerre de Biafra au Nigeria ? Elle a armé et aidé les sécessionnistes afin d’affaiblir le Nigeria et l’influence anglo-saxon dans la région. Aujourd’hui encore comme hier, la France continue ses sales besognes sur le continent africain à travers plusieurs réseaux mafieux. De l’affaire des diamants de Bokossa à l’affaire Bolloré en passant par l’affaire Elf, Angolagate etc., la France entretient encore et toujours son réseau de corruption. Les récents cas de corruption d’agent public étranger, de complicité d’abus de confiance et de complicité de faux, trois chefs d’accusation pesant sur le patron du groupe Bolloré sont les signes patents d’une mainmise française sur le continent noir.L’arrivée du président Macron au pouvoir en France était perçue au premier abord comme signe de la rupture entre la France et ses anciennes colonies. Mais hélas ! La Françafrique, c’est ni plus ni moins, la domination de la France sur une immense partie du continent africain ; et cette domination est avant tout une domination armée. Au prétexte du combat contre le terrorisme, de maintien de paix, d’aide à un pays ami, l’armée française intervient prioritairement pour préserver les intérêts de la France, autrement dit les intérêts bien compris de Bolloré, Bouygues, Veolia, Orange, Total, Areva…Qui arrêta la Françafrique ? La question demeure entière.

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